• A l'occasion de l'été, il s'opère au Maroc ainsi que dans beaucoup d'autres pays en voie de développement, une migration saisonnière particulièrement importante. Les émigrés, partis chercher fortune en occident, reviennent à l'occasion des vacances, visiter leur famille.

    SONT-ILS 1 million, deux millions, voire plus ? Les estimations, selon les sources, varient.* Eux, ce sont les "MRE" ou Marocains résidant à l'étranger.
    Pour la plupart d'extraction modeste, mais également pour une petite fraction, des bi-nationaux ou des hommes d'affaires vivant à cheval entre l'occident et leur pays d'origine,
    ils arrivent par voiture ou autocar, par vagues impressionnantes.

    Cette diaspora représente une manne économique pour le pays encore plus importante que le tourisme.
    En effet, ces émigrés économisent pendant une, voir plusieurs années avant de revenir distribuer leur butin à la famille restée "au bled".
    Et c'est là la principale source de richesses en devises du pays. Les poches pleines d'euros, ils viennent les dépenser ou déposer sur des comptes en dirhams. Les banques ne sont pas
    avares d'offres en tous genres pour permettre à ce trésor de ne pas quitter le pays avec eux. Et inversement, ceux qui, du Maroc, vont passer les vacances à l'étranger, se voient iffrir des cartes de crédit qui
    évitent aux mêmes banques d'avoir à distribuer à l'entrée de l'été une trop grande quantité de devises qui seront dispersées dans les pays occidentaux.

    Cet afflux de MRE est en tout cas frappant à tout moment du quotidien. La circulation à Casablanca, déjà difficile aux heures de pointe, devient pénible toute la journée. Dans certains quartiers, il faut attendre trois à quatre fois plus longtemps que le reste de l'année, pour pouvoir attraper un taxi.
    Cette circulation accrue engendre d'ailleurs une pollution et une nuisance sonore sensibles.

    Dans les supermarchés, les rayons sont pleins à craquer. Les grandes surfaces, encore chères pour la plupart des marocains, vont réaliser
    une grande part de leur chiffre d'affaires annuel pendant les mois d'été où les MRE, bénéficiant d'un pouvoir d'achat accru et soucieux
    de retrouver les produits qu'ils ont pris l'habitude de consommer en occident, se précipitent du matin au soir.

    Des scènes cocassent se produisent d'ailleurs, dans la queue aux caisses.

    J'ai pu voir l'autre jour trois dames en tenue traditionnelles, le caddie plein de victuailles,
    profitant sans doute de l'argent ramené par un fils ou un mari, qui passaient sans complexe devant toute la file.
    Un homme, visiblement aisé, bien occidentalisé, s'indigne auprès de moi et d'un sénégalais derrière moi. Il nous demande de dire à cette dame
    qu'elle doit faire la queue comme tout le monde. Le sénégalais et moi-même lui sourions poliment, un peu gênés.
    Malheureusement, nous sommes des étrangers, nous ne parlons pas arabe et, de toute façon, ne sommes pas ici chez nous.
    Le Marocain occidentalisé comprend que c'est son devoir d'éduquer ces trois femmes et se met à les houspiller.
    Je souris tristement devant le scandale qui éclate, la vieille dame ayant l'intention de ne recevoir de leçon de personne :
    voilà une fracture de plus, inévitable, entre ceux des marocains qui tournent le regard vers l'occident et ceux qui, souvent par
    ignorance, continuent de se comporter sans ce que les premiers appellent du civisme.

    *Difficile de les compter, selon la méthode adoptée. Selon l'AFP, le nombre de MRE ayant visité le Maroc a atteint les 2,33 millions d'arrivées en 2003. Le ministère chargé des MRE estime à 2,185 millions le nombre des marocains résidant dans les pays européens. Très factuel, l'office national des ports a quant à lui enregistré de source officielle 50.406 personnes à bord de 11.473 voitures au port de Nador, entre le 15 juin et le 6 juillet de cette année. L'ODEP à Nador prévoit le passage d'environ 630.000 MRE pour l'ensemble de l'été.


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  • Je vous ai déjà raconté mes premiers contacts avec la poste marocaine, pour envoyer une pellicule à développer en France.

    C'était déjà surréaliste, mais je ne pensais pas avoir à nouveau à me confronter à la bureaucratie locale.

    Suite à un départ de France un peu précipité et, surtout, ayant négligé la froidure des nuits locales -je rappelle qu'ici le chauffage dans les appartements est un luxe-, je demande à une amie de m'expédier quelques vestes et pulls.

    Après quinze jours d'attente, je commence à m'inquiéter. Finalement, un mois plus tard, je reçois le coupon de retrait. Mon colis est arrivé depuis 15 jours. Visiblement, il s'est perdu dans les couloirs de la douane des postes.

    Je me rends donc au bureau de retrait, l'âme légère, pensant récupérer mes affaires en queslques minutes. Quelle naïveté ! Une fois sur place, je suis promenée de guichet en comptoir. On m'envoie chez un responsable qui prend mes 3 reçus, les tamponne, m'en donne un quatrième. Je ne sais plus où aller. Le type qui tient mon paquet dans les mains m'explique qu'il faut s'adresser à un certain Sidi Mohammed. Vu qu'ici tout le monde s'appelle Sidi Mohammed (le prénom par défaut, lorsqu'on ne connaît pas celui de son interlocuteur), la tâche n'est pas aisée.

    Au bout d'un quart d'heure d'attente dans un bureau vide, un type arrive et me dit que ce n'est pas lui qu'il faut voie. Il me prend mes 5 reçus et les tamponne à nouvau, en garde un et m'en redonne deux, perplexe.

    Un bon moment plus tard, j'arrive à un guichet où je parviens in extremis à expliquer au jeune stagiaire que mon passeport périmé depuis 10 ans fera l'affaire. Eh oui, j'ai oublié de prendre une pièce d'identité valide. Heureusement, ce dernier point n'a pas l'air d'être si crucial. Et je repars, enfin, avec mon colis.

    L'opération a pris une heure.


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  • En réponse à un commentaire d'Helen, qui me demande ce qu'il en est du tourisme sexuel au Maroc et avec les précautions qui s'imposent à l'observatrice occidentale depuis peu installée que je suis :

    hélas, comme dans tout pays pauvre vivant du tourisme, il y a du tourisme sexuel.

    Entre exotisme et érotisme, il n'y a qu'une lettre...
    (et cela marche dans les deux sens : j'ai eu personnellement l'occasion de discuter avec une marocaine qui me confiait dans une soirée, avoir envie de rentrer avec un français qui était présent ce soir-là. "C'est la première fois que j'ai l'occasion de me faire un européen !" gloussait-elle)

    Il faut se rendre compte qu'ici, plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Dans ces conditions, certains n'hésitent pas à monnayer la fraîcheur de leur fille ou... de leur fils à de riches vacanciers. A Marrakech, cela est particulièrement courant, la ville étant un lieu de villégiature très apprécié de par le monde, à commencer par le Maroc. Entre autres pour cette raison. Les saoudiens ont, de ce point de vue, particulièrement mauvaise réputation. Mais même à Casablanca, j'ai fréquemment l'occasion de voir dans des restaurants de très jeunes femmes n'ayant pas l'air de professionnelles, escorter de vieux hommes d'affaires.


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  • L'idée, au départ, était simple : envoyer une pellicule à mon labo photo préféré en France.

    Essayant de trouver une enveloppe matelassée, premières difficultés. On m'explique à la poste que je dois l'envoyer par colis : une boîte dix fois grande comme la pellicule. Et qu'il faut pour cela se rendre dans le bureau de poste principal. Afin de faire examiner le film par la douane avant l'envoi.

    Examiner le film ??!

    J'aimerais d'abord le faire développer, je leur explique. On me répond que bien sûr, mais que c'est comme ça, c'est la loi.

    "Bienvenue au Maroc !" me dit, hilare, le collègue qui m'accompagne.



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