Dimanche, ma logeuse m'a emmenée chez sa belle soeur avant de nous accompagner, avec l'autre colocataire, aux "bains maures".
Nous traversons Casablanca en taxi blanc. Le véhicule vibre et, serrée contre la portière à l'avant, j'espère que la portière ne va pas lâcher.
J'ai pris mon appareil photo. J'ai bien fait. Nous sommes accueillies dans un intérieur marocain typique, avec un petit salon en antichambre du grand, tous deux formés par des sedari tout autour de la pièce et garnis de coussins. Il y a là les deux femmes de l'imam, dont la belle-soeur en question, une berbère d'une soixantaine d'années. Elles nous proposent du thé. Il est accompagné de mlawi crêpes marocaines, une pâte feuilletée poëlée, qui se déguste avec du miel et de l'huile d'olive. Un régal ! J'essaie de me retenir par souci diététique... J'en suis déjà à plus que de raison, mais on m'encourage : "koul, koul !" (mange, mange!). Ma logeuse m'apprend à répondre : "mabritch" (non, je ne veux pas). Moi qui veux apprendre l'arabe, c'est un bon début.
Ensuite, comme je veux la prendre en photo, notre hôte berbère s'en va toute excitée se changer. Elle porte une belle djellaba de satin vert émeraude et un joli hijab de soie jaune. Elle est tatouée sur le visage : un motif orne son front et un autre, depuis sa lèvre inférieure, descend jusque sur la poitrine (c'est ce qu'elle me laisse comprendre) en suivant le menton. Elle voudrait l'enlever à présent, car elle a appris, depuis sa jeunesse, que l'islam réprouve ce genre d'ornement corporel. Moi je la trouve magnifique. Son visage, malgré ou grâce aux rides, possède une expressivité incroyable. Je la mitraille, elle se prête au jeu et pose avec bonne grâce.